le sport et l’entreprise

Sprinter en travaillant : le sport et l’entreprise

Manger-Bouger… au bureau ! Comment les grands groupes créent-ils un environnement propice à l’activité physique des employés ? Réponse de Martine Duclos, professeur des universités, praticienne hospitalière et chef du service de Médecine du sport au CHU de Clermont-Ferrand.

L’activité physique, ce n’est pas que du sport

Pour caractériser l’activité physique, Martine Duclos s’appuie sur la définition de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il s’agit de « tout mouvement corporel produit par la contraction des muscles squelettiques entraînant une augmentation de la dépense énergétique au-dessus de la dépense de repos. »

La praticienne hospitalière distingue quatre types d’activité physique. D’abord, celle liée à son environnement professionnel. Des métiers comme boulanger ou maçon, par exemple, incitent les employés à se mouvoir. Cette spécificité ne concerne toutefois que 10% des métiers et la grande majeure partie des salariés en France travaille assis. Ensuite, les déplacements quotidiens, en vélo ou à pieds notamment relèvent aussi de l’activité physique. C’est le cas également des tâches de la vie domestique comme le ménage. Dernier type d’activité physique : les loisirs. Sport, bricolage et jardinage sont consommateurs d’énergie.

Comment mesurer son activité ? « Nous développons un outil connecté et interactif qui favorise l’échange entre le patient et les professionnels de la santé » indique Martine Duclos. Depuis le CHU de Clermont-Ferrand, elle travaille sur un smartphone inédit, capable d’évaluer l’intensité et la durée de l’activité physique, ainsi que les apports nutritionnels de l’utilisateur. Contrairement aux smartphones actuellement disponibles, celui-ci est capable de détecter les faibles intensités d’activité physique (comme rester debout à piétiner) qui composent une grande partie de notre activité quotidienne. Ce smartphone pourra communiquer les données au médecin, qui ajustera ainsi ses recommandations.

Moins de stress et plus de résistance aux maladies

L’activité physique prévient les maladies et évite leur aggravation. Les statistiques sont formelles : chez la femme ménopausée par exemple, l’activité physique diminue l’incidence de maladie cardiovasculaire de 50%. De même, une activité physique débutée après le traitement du cancer du sein réduit le risque de récidive de 30 à 40%. Martine Duclos insiste, « il n’y a pas d’âge pour commencer à se bouger. Même les personnes qui souffrent de mal de dos ont intérêt à s’adonner à une activité physique. »

Autre terrain sur lequel l’activité physique a fait ses preuves : le bien-être au travail. L’activité physique réduit en effet le stress perçu par l’employé et réunit les collaborateurs autour de sports communs, favorisant les liens sociaux.

Sport au travail : concrètement, comment faire ?

Si elles souhaitent encourager les employés à se dépenser, les entreprises doivent faciliter au maximum la pratique sportive. Pour celles qui le peuvent, cela passe d’abord par l’installation d’équipements sportifs à proximité des bureaux (salle de gymnastique, douche, propositions d’activités multisports, etc.). Autre élément incontournable d’une politique sportive : la flexibilité des horaires, qui permet aux uns et aux autres de trouver un moment dans la journée pour se rendre dans une salle de sport. Enfin, Martine Duclos conseille de mettre en place des pistes cyclables et des parkings à vélo pour les salariés qui pédalent jusqu’à leur lieu de travail.

Optimiste, la praticienne hospitalière constate que les entreprises tiennent de plus en plus compte de ces recommandations. Depuis 2009, le groupe Michelin a par exemple lancé un dispositif de sport en entreprise sur ses sites industriels et tertiaires de Clermont-Ferrand. Le programme « Oxygène » propose du fitness et du cardio en salle ainsi que des activités multisports. Les moins sportifs ne sont pas oubliés : le programme « Second souffle » leur propose un programme plus adapté à la reprise d’une activité physique.

Quant aux petites entreprises, le manque de budget pour créer des infrastructures sportives n’est pas une fatalité : elles peuvent se rapprocher d’institutions publiques locales. « Des partenariats permettent par exemple de profiter des installations sportives des écoles après la fin de la classe » déclare Martine Duclos.

Plus d’excuses donc… à vos baskets !

Et vous, comment favorisez-vous l’activité physique de vos employés ? Témoignez en nous écrivant à contact@wittyfit.com