La QVT, 3 lettres qui ont perdu leur sens ?

Le bonheur au travail, le bien-être en entreprise, la qualité de vie au travail… de quoi parle-t-on ? 

La genèse de la QVT

C’est dans les années 1950 après le taylorisme que l’idée de la QVT apparaît. Après une longue période de production de masse ne laissant que très peu de place à l’humain, Eric Trist et Fred Emery mettent en évidence le lien entre efficacité et qualité de vie au travail. De nouvelles priorités découlent de leurs travaux: apporter de l’autonomie, rompre la monotonie mais aussi privilégier le collectif.

Plus tard, en 1972, une conférence internationale du travail se tient à New York avec pour objet de définir les « conditions à une vie professionnelle plus humaine », une première grande étape marquant le début de l’histoire de la QVT.

Naissance de la QVT en France

Si la génération des Millennials incarne particulièrement la quête de sens, le sujet n’en demeure pas moins universel. Le besoin d’appartenance à l’entreprise, le partage de la vision et des valeurs sont autant des prérequis à l’embauche, tant du côté de l’employeur que du futur employé. Sans adhésion point d’engagement. Au-delà de la compréhension globale du dessein de l’entreprise, le collaborateur souhaite comprendre quel est son propre rôle au sein du collectif. Replacer l’humain au centre de la stratégie.

Prendre en compte les attentes du collaborateur

En France, la notion de Qualité de Vie au Travail met du temps à prendre corps. En 2007, l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT) prône « l’amélioration des conditions de travail » avec pour objet premier de limiter les « risques professionnels ».

Ce n’est qu’en 2013 qu’un Accord National Interprofessionnel (ANI) est conclu entre les partenaires sociaux et le patronat afin de définir précisement la Qualité de Vie au Travail comme : « Les conditions dans lesquelles les salariés exercent leur travail et leur capacité à s’exprimer et à agir sur le contenu de celui-ci déterminent la perception de la qualité de vie au travail qui en résulte ».

« En 2017 le site d’emploi Qapa.fr a vu une explosion de 1000% des offres de poste de CHO entre 2014 et 2016. Une progression réduite à 15% en 2017. »

Que reste-t-il aujourd’hui de la QVT ?

La transformation digitale et le boom des Start-up ont bousculé les codes du monde du travail. La quête du bien-être, l’importance de l’environnement de travail, la recherche permanente de convivialité … Jusqu’à l’apparition d’un nouveau métier en 2014, celui de « Chief Happiness Officer » (CHO), responsable officiel du bien-être des collaborateurs. Une recherche du bonheur souvent vécue comme une injonction. En 2017 le site d’emploi Qapa.fr a vu une explosion de 1000% des offres de poste de CHO entre 2014 et 2016. Une progression réduite à 15% en 2017.

Difficile aujourd’hui de s’y retrouver parmi l’amplitude des sujets couverts par la « QVT ». Si les collaborateurs se réjouissent d’un environnement de travail agréable et apprécient les nouveaux types de services proposés par l’entreprise moderne, qu’en est-il du fond ?

Si l’on reprend la définition officielle de la QVT, on ne parle pas de bonheur mais de conditions de travail. Donne-t-on les moyens suffisants aux collaborateurs pour réaliser à bien leur mission (information, formation, mise à disposition d’outils) ? Ont-ils la possibilité de s’exprimer (donner leur avis, proposer des idées) ?

Améliorer l’expérience collaborateur et créer de l’engagement requièrent un alignement continu entre l’entreprise et le salarié. Une symétrie des attentions entre organisation – client – collaborateur : la satisfaction de chacun pour la réussite de tous.

Participer activement à la création de l’avenir, n’est-ce pas là le secret de l’épanouissement ?